Je suis allée récemment à
Hollywood pour voir The Circus
avec orchestre à Royce Hall UCLA,
sous la direction de Timothy Brock, et décidai
naturellement de retourner à Hollywood
Boulevard, même si je m’y suis déjà
rendue à plusieurs reprises par le
passé. Je fus heureuse d’avoir choisi
cette journée là, car le lendemain
le boulevard fut fermé à la
circulation afin de faciliter les festivités
organisées pour la première
du dernier Batman. Ceci me rappela
les premières de l’âge d’or
de Hollywood et j’ai pensé vous présenter
un bulletin en deux parties portant sur
les premières des films de Charlie
aux États-Unis et à l’étranger.
Il n’est pas surprenant que la plus extravagante
première jamais organisée
eut lieu à l’un des théâtres
de Sid Grauman à Hollywood. Robin
Hood, mettant en vedette Douglas Fairbanks,
fut le premier film lancé de cette
façon en 1922 au Grauman’s
Egyptian Theater sur Hollywood Boulevard.
Couronné roi de Hollywood (avec
Mary Pickford à titre de reine),
Fairbanks créa un précédent
pour d’autres événements
semblables. Charlie décida d’attendre
son premier long métrage avant
de commencer cette tradition. Ainsi,
la première du film L’Opinion
Publique eut lieu en 1923 au Criterion
Theater à Hollywood. Charlie
ne put y assister, mais comme le mentionne
David Robinson dans son livre Chaplin,
sa vie, son art, cette première
fut éclatante malgré son
absence.
Il décida plutôt d’assister
à la première new yorkaise,
qui eut lieu le 1er octobre au Lyric
Theatre, commençant ainsi une
tendance d’assister aux premières
de ses films plus « intellectuels
» sur la côte est (L’Opinion
Publique, Monsieur Verdoux et Le
Dictateur), et aux premières
de ses films plus « sentimentaux
» et humoristiques sur la côte
ouest (La Ruée vers l’Or,
Les Lumières de la Ville
et Les Temps Modernes). Un
article paru le 7 octobre dans le New
York Times nous donne un aperçu
d’un rôle peu connu de Charlie,
celui de créateur et directeur
de prologues. Un prologue, comme vous
le savez peut-être, était
un court spectacle sur scène
présenté avant le film,
souvent donné que le soir même
de la première ou au cours de
la première semaine. Le spectacle
réitérait souvent les
thèmes, les scènes ou
les personnages du long métrage.
(Vous avez peut-être déjà
vu le film Footlight Parade de Jimmy
Cagney (1933) sur l’aspect commercial
d’un prologue.) Dans « Ce que
pense Charlie », le journaliste
du Times nous dit que lorsqu’il
voulut interviewer Charlie, il le trouva
en train de « diriger la musique
de scène ainsi que les répétitions
de dialogue pour le prologue du film
L’Opinion Publique [. . .]
Il n’arrivait pas à tenir en
place, il jouait les rôles des
acteurs et leur montrait comment s’y
prendre, il préparait la musique
pour qu’elle corresponde à l’ambiance
de chaque scène, il fredonnait
les vers de vieilles chansons françaises
pour le directeur musical de l’orchestre.
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