Je me rappelle
très bien un jour de Noël où j'étais assis à la même place (à l'école
Hanwell), pleurant à chaudes larmes. Le jour précédent, j'avais
transgressé quelques règlements. Comme nous entrions dans la
salle à manger, pour le repas de Noël, on ait nous donner deux
oranges et un sac de sucreries...
J'étais à réfléchir sur ce que j'allais
faire avec le mien. Je garderais la pelure d'orange et pour les
sucreries, j'en mangererais une par jour. Chaque enfant recevait son
trésor comme il entrait dans la salle à manger. Finalement, c'est
mon tour. Mais tout à coup, l'homme m'écarte de la file.
"Ah non, tu ne recevras rien avec
ce que tu as fait hier."
-- Tiré de "A Comedian Sees the
World" (1933-34)
Si vous connaissez quelque chose
à propos de Charlie Chaplin, vous avez sûrement entendu cette
histoire. Et si vous connaissez cette histoire en particulier, vous savez
que plusieurs rapportent que pour lui, Noël était marqué par cet
événement de son enfance. L'était-il réellement? Noël, pour Chaplin,
comme rapporté dans les souvenirs, d'autres personnes, est rempli
de contradictions. Même dans l'essai cité plus haut, "A Comedian
Sees the World", Charlie nous parle de ce triste souvenir de Noël,
mais dit dans un autre passage, au moins connaître, ou reconnaître,
les mêmes sentiments et impulsions chaleureux que Noël suscite
pour nous. Alors qu'il était à Londres, il écrit : "Comme je marche
autour de West Square, j'approche d'une papeterie où l'on vend des
jouets, des sucreries et du tabac. Le magasin a une odeur qui
réveille les souvenirs. Ça sent Noël. Dans la vitrine, j'aperçois une
arche de Noé avec des animaux de bois peints. Je ne peux résister.
J'entre et je l'achète juste pour avoir une bouffée de la peinture et
du tabac que contient la boutique."
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