Nous sommes au mois d’octobre et ici à
Athens en Ohio, les feuilles ont commencé
à se revêtir de leurs belles
parures rouge, orange et jaune vif ce qui
me rappelle que l’Halloween approche à
grands pas. Bien que cette fête ne
soit pas internationale, se déguiser,
se faire passer pour quelqu’un d’autre est
un passe-temps du monde entier, et cela
me fascine. Qu’est-ce qui motive les gens
à se faire passer pour quelqu’un
d’autre ? Qu’est-ce qui les pousse à
choisir un personnage particulier ? Pourquoi
choisissent-ils de se déguiser comme
Charlot, par exemple ?
Au cours du colloque Chaplin à Londres
cet été, plusieurs exposés
très intéressants sur les
imitateurs de Chaplin furent présentés
que je n’essaierai pas de résumer
ici, pour ne pas en donner une impression
incorrecte. Je suis plutôt attirée
vers les gens ordinaires, c’est-à-dire
les enfants, les hommes et les femmes de
toutes les conditions sociales qui, pour
une raison ou une autre, décident
de porter les fringues de Charlot, pour
quelque temps seulement. Nous savons que
certains artistes comme Billie Ritchie,
Billy West, Stan Laurel, Harold Lloyd, Charles
Amador et d’autres encore espérèrent
jouir de la popularité et du succès
auxquels parvint le vagabond. Ce qui les
motivaient est assez évident, mais
qu’en est-il des gens comme vous et moi
? Carl Wilson, un de mes meilleurs amis
et magicien accompli, nous offre ses réflexions
sur ce sujet :
“La motivation est simple :
l’image de Chaplin me hante et ses
films me captivent depuis mon enfance.
Je me rappelle d’au moins cinq occasions
où je me suis déguisé
comme lui. Je comprends ce que Charlie
ressentit lorsqu’il dit qu’au moment
où il enfila le costume,
le vagabond était né.
Lorsqu’on met le costume et le maquillage,
on ne peut s’empêcher de fusionner
avec le personnage, si fantasque
et sérieux en même
temps. Je trouve que la plupart
des interprétations qu’on
fait de lui sont trop clownesques.
Il est un clown mais purement humain.
C’est amusant de bouger et de réagir
aux situations comme il le fait.
Ceci fait sourire les gens. Et les
quelques dollars que je dépense
dans une petite boutique d’objets
d’occasion me permettent de me retrouver
aussi proche du personnage que j’admire.
»” |