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Charlie, « l’aspirant » |
Comme
Glenn Mitchell l’indique dans The Chaplin
Encyclopedia,
les combats sous toutes leurs formes se sont
insinués
dans les films mettant en vedette Charlie
Chaplin depuis
le
début de sa carrière. La plupart des
réalisations
de Keystone montrent Charlie en train de se bagarrer, et
à
mesure que le personnage de Charlot se
développa, sa
capacité à vaincre un adversaire presque
insurmontable,
ou du moins à se remettre d’une
défaite
humiliante avec honneur et énergie, est devenue
un aspect
notoire et chéri de sa personnalité. Il
n’est
donc pas surprenant que le sport de la boxe ait
trouvé
moyen de s’infiltrer dans plusieurs films mettant
en vedette
Charlie, en commençant par le film de Keystone
intitulé
The Knockout (1914) dans lequel il joua le
rôle d’arbitre.
Le temps qu’il ait développé ce
thème
l’année suivante dans le film
réalisé
par Essanay intitulé The Champion
et qu’il
l’ait perfectionné dans City
Lights (1931),
le lien entre ce petit homme et la boxe sembla tout
naturel.
En fait, ce lien fut
facilement renforcé par les activités
hors de l’écran de Charlie. Par exemple,
Charlie
relate dans son autobiographie que, pendant
qu’il travaillait
pour Karno à Paris en 1909, il eut un combat
avec Ernie
Stone, un ex-boxeur professionnel de poids
léger, combat
qu’il dit d’ailleurs être son dernier
(«
Jamais je ne me suis battu depuis lors.») :
La bagarre commença dans un
restaurant
et, lorsque les garçons et la police nous
eurent séparés, il me dit :
«
Je te retrouverai à l’hôtel
», où nous étions tous
les
deux descendus. Sa chambre était au-
dessus
de la mienne, et à quatre heures du
matin,
je rentrai en tanguant et allai frapper à
sa porte.« Entre » dit-il
rapidement,
et enlève tes chaussures pour que nous
ne fassions pas de bruit. »
Sans échanger un mot, nous nous
mîmes
torse nu, puis nous nous plantâmes
l’un
devant l’autre. Nous frappâmes et
esquivâmes pendant ce qui me parut un
temps
interminable. A plusieurs reprises, il me frappa
droit au menton, mais cela ne me fit aucun
effet.
« Je croyais que tu avais du punch
»,
ricanai-je.
Il plongea vers moi, me manqua et alla se
cogner
la tête contre le mur, ce qui le mit
presque
knock-out. J’essayai de
l’achever,
mais mes coups étaient mous. Je
pouvais
le frapper sans risque de riposte, mais je
n’avais
plus de force dans les poings. Je reçus
soudain un coup en plein sur la bouche, qui
m’ébranla
la mâchoire, et qui me dégrisa
aussitôt.
« Ça suffit, dis-je. Je ne tiens pas
à
perdre mes dents. »
Il s’approcha et
m’étreignit,
puis regarda dans la glace : je lui avais
tailladé
le visage. J’avais les mains
gonflées
comme des gants de boxe et il y avait du sang
au plafond, sur les rideaux et sur les murs. Je
ne sais absolument pas comment nous en
avions
mis ainsi partout.
David Yallop, le biographe de Roscoe Arbuckle
(The
Day the Laughter Stopped),
prétend que
Charlie et Roscoe assistaient les boxeurs dans
les
matchs tenus au club athlétique de Los
Angeles
où Charlie demeurait à
l’époque.
Charlie, souvent en compagnie de Douglas
Fairbanks,
reçut de nombreux boxeurs à son
studio
et posa fréquemment pour des films ou
des
photos impromptus dans des simulacres de
combat
avec eux.
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