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Coïncidences avec Chaplin – Partie I |
Sadakichi Hartmann et Les derniers trente jours dans la vie du Christ
Je remarque de temps en temps que Charlie
semblait faire partie d’une intéressante
coïncidence. Les idées qu’il
avait ou les sujets auxquels il réfléchissait
coïncidaient souvent avec les sentiments
que d’autres personnes partageaient avec
lui, ou comme il en sera question dans le
présent bulletin, l’influence mutuelle
qui fut exercée sur Charlie et sur
certaines personnes à la suite de
leur brève rencontre. Pour commencer
cette série de bulletins sur ce sujet,
j’aimerais parler d’une personne vraiment
exceptionnelle, le poète et dramaturge
Sadakichi Hartmann. Il ne pourrait pas être
plus opportun de discuter de la relation
qu’eut Hartmann avec Charlie puisque cette
année est l’une des rares années
où l’anniversaire de naissance de
Charlie tombe le même jour que la
Pâque (et pour tous les enthousiastes
de questions anecdotiques, une autre année
semblable fut 1865, soit l’année
où Abraham Lincoln fut assassiné).
Le mois d’avril semble donc être le
mois idéal pour examiner la confluence
de Hartmann, Chaplin et l’histoire de la
Pâque.
Ce qui est très
intéressant, c'est que Hartmann
a fait parler de lui encore une fois tout
dernièrement. Le New York Sun
a publié un article le 14 avril
intitulé «
Le roi des Bohémiens : passé
et présent ». Hartmann
est né au Japon d'un père
allemand et d'une mère japonaise
en 1867, puis fut renié sans cérémonie
et envoyé vivre avec un grand-oncle
à Philadelphie en 1881. Autodidacte,
il commença a écrire pour
les journaux dès l'adolescence,
un de ses articles étant rédigé
après un déjeuner avec le
poète Walt Whitman. Sa première
pièce de théâtre,
intitulée Le Christ, fut
interdite et brûlée publiquement
après que Hartmann fut arrêté
pour obscénité. Ainsi, en
1916, il décida de partir pour
la Californie et y tenter sa chance. Il
arriva même à décrocher
un rôle mineur dans le film de Douglas
Fairbanks Le voleur de Bagdad,
jouant le rôle du magicien de la
cour. Cependant, Hartmann fut plutôt
reconnu pour sa poésie et ses critiques
de l'art, de la photographie et même
du cinéma. En fait, il fut l'auteur
d'une critique assez approfondie des Lumières
de la Ville de Charlie au même
moment où Charlie parlait de Hartmann
dans son livre « Un comédien
voit le monde ». Publié dans
le numéro de mars 1931 de The
Curtain, Hartmann commença
son article comme suit :
« Cet effort
représente-t-il un dernier test
pour voir si les films muets peuvent
faire concurrence aux films parlants
? Je ne crois pas. Le non initié
n'est pas conscient qu'il existe un
problème à ce niveau.
Il semble qu'il y aura toujours une
place pour un film muet et un public
pour le voir, si le film est bien fait.
La majorité du public se fatiguera
tout aussi vite des films parlants et
dans quelques années il cherchera
quelque chose d'autre. » |
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